Ghyslaine et Sylvain Staëlens

Ghyslaine et Sylvain Staëlens

Miroir de l'Art

Publié par Ghyslaine et Sylvain Staëlens sur 14 Mai 2020, 09:21am

Catégories : #Presse

 

 

L'article paru dans le magazine Miroir de l'Art #104

Texte de Ludovic Duhamel 

 

 

C'est un drôle d'animal à double tête pensante. Ghyslaine et Sylvain, Sylvain et Ghyslaine.

 

Depuis des années, les deux têtes travaillent sur un pied d'égalité, pas de préséance de l'une sur l'autre. C'est assez rare pour être mentionné. Pour tout dire, et c'est peut-être là que réside leur secret, ils s'expriment d'une seule et même voie (!)... Celle de l'expressionnisme, ou d'une forme d'expressionnisme, une branche nouvelle, aux frontières du singulier. Ils collectent toutes sortes de matériaux naturels, depuis les lichens jusqu'à diverses sortes de pierres, et maints vestiges de bois. 

 

Toujours à l'affût de ce qui éveillera chez eux l'émotion première.

 

Puis, avec ténacité, avec inventivité, ils sculptent, assemblent, élaborent ensemble les totems d'un monde en marge, au cœur duquel on trouvera des inspirations venues de toutes les cultures - africaine, océanienne, etc. - mais aussi de toutes les époques. Les Staëlens aiment à marier les genres. Ils assimilent les cultures pour les restituer à leur façon, hétéroclite, imaginative, spirituelle.

 

Devant leurs créations, se dégage non seulement une forme de mystère, mais aussi et surtout une sorte de fluide émotionnel. L'humanité toute entière, avec ses peurs, ses angoisses, ses superstitions, ses espoirs, ses divagations, ses anathèmes, ses envoûtements, surgit devant le spectateur. Un maelström de sensations vous saisit.  

 

Ainsi que l'écrit fort justement Jean-Michel Chesné , chaque brindille est porteuse d'une tension, d'une énergie qu'eux seuls savent capter. Oui, là est leur force, dans leur faculté à transformer le moindre fragment en matériau vibrant de vie.

 

Symptomatique à cet égard est leur dernière sculpture (celle que vous pouvez voir dans son entièreté à la Chapelle Saint-Libéral de Brive), un impressionnant bas-relief (ou plus exactement haut-relief) constitué de dizaines et de dizaines d'éléments hétéroclites et qui figure une humanité enchaînée, empêtrée dans une jungle de non-dits, de fatalismes, de malheurs, sublime métaphore devant laquelle on demeure bouché bée.

 

Le grand art des Staëlens est de nous confronter, sans intermédiaire, au tragique et au sublime de nos existences, en prise directe avec, pour reprendre le mot de  Laurent Danchin , le grand spécialiste de l'art brut, qui appréciait au plus haut point leur travail, un magma d'émotions. Celui-ci jaillit à la vue de ces créations magnétiques - déesses, guerriers, chasseurs, cavaliers, mille personnages encore - dont l'incroyable présence ( il FAUT les voir en chair et en os, ou en tissus et en bois si vous préférez) permet de s'arracher quelques instants à la pesanteur de notre temps... Et ce n'est pas là la plus mince de leurs vertus ! 

 

Ludovic Duhamel, décembre 2020

 

Le site de Miroir de l'Art    https://www.miroirdelart.net/

 

 

Couverture du magazine Miroir de l'Art numéro 104

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